Bio

Shaper de longue date, Peio Maget a préparé des planches pour des riders professionnels et de haut niveau. Avec Primo Bodyboards, il partage son expérience avec vous pour réaliser des bodyboards sur mesure qui vous mèneront vers une autre dimension.

Lorsqu’il découvre le bodyboard au début des années 90, Peio Maget tombe vite sous le charme de ce sport dynamique et marginal. Du haut de son adolescence avec ses potes de « la digue » du Club d’Anglet – Kim, Lionel, Cédric, Damien, Thierry, Imanol,… – il est totalement encré dans une mouvance « rebelle » à l’époque, mais qui va sérieusement marquer le bodyboard français quelques années plus tard.
Le niveau de glisse angloy est un des plus élevé et toute la troupe progresse rapidement. Les résultats ne se font pas attendre longtemps. Peio termine 3e du National Tour Junior 96 et décroche son premier sponsor BZ. Comme pour la majorité des jeunes compétiteurs, les idées fusent quant à un avenir possible dans cet univers de glisse. Vivre du bodyboard, ça nous a tous fait rêver un jour ! Et par des trajectoires différentes, plusieurs vont en fait y parvenir.

D’abord employé
Celle de Peio passe par T-Beug à Biarritz. Ce premier atelier de shape de bodyboard en France fut monté par Thierry « Tirage » Fortune et Bruno « Beuglot » Degorce (d’où le T et le Beug), aidés par le bodyboarder pro hawaiien Kavan Okamura. À 17 ans, Peio y fait ses premières armes, d’abord par intermittence de stages, ensuite par passion.

Peio shape SwoopersQuand à l’automne 1997, l’entreprise Eurocorp rachète T-Beug pour créer Swoopers, Beuglot fait appel à Peio pour le seconder. Sans trop y croire, Peio vient de mettre un pied à l’étrier de ce qui va devenir son cheval de trait autant que son cheval de bataille.
Son engouement pour le sport et l’aspect technique inhérent à celui-ci fait qu’il apprend vite et qu’il réalise ses premières planches peu de temps après. La réputation internationale de Swoopers se propage rapidement, et le fait de croiser et discuter avec des riders pros tels que Keith Sasaki, Matthieu Walbrou, Paulo Costa, Fabio Aquino, Nicolas Capdeville et Thomas Richard (ces trois derniers surfant sur Swoopers) renforce encore ses capacités. Il apprend de ses pairs, mais il se démarque vite par son côté autodidacte et ses idées personnelles.
Au bout d’un an et demi, Beuglot quitte Eurocorp et laisse à Peio la place de shaper principal. L’entreprise française est à son firmament avec ses trois riders dans le Top 20 mondial. De plus, elle sous-traite pour plusieurs marques et certains bodyboarders pros.

Quand Eurocorp décide de stopper sa production en 1999, Peio est convoité par deux marques en pleine création : Pride et Ixo. Sa complicité avec Walbrou ainsi que la possibilité de travailler à des surfboards en mousse l’attirent chez Polyfoam pour shaper Ixo et O’killed.
Jusque-là, il ne maniait que le Polyéthylène Dow. C’est alors qu’il décide d’essayer le Polyéthylène haute densité et expansé, plus communément nommé HD30. Cette matière a l’avantage d’avoir des réactions entre le PE Dow et le Polypropylène, une durée de vie accrue, et une facilité d’assemblage évidente. Ce qui séduit Peio, mais aussi des riders et des marques qui viennent sous-traiter.

Matt, Pete, Ben,…
En 2001, lors d’un séjour sur San Diego pour le salon ASR, il croise et discute avec d’autres shapers que sont Pete Anaya, X-Man, Brian Peterson et Mez. Il se souvient notamment de Pete Anaya (aujourd’hui shaper de Unit X) lui courant après pour en savoir plus sur la mini-board que Peio trimbalait avec lui. Il se rend compte que son travail est déjà un peu perçu de l’autre côté de l’Atlantique. En grande partie grâce à Matthieu Walbrou qui parcourt sans cesse la planète avec ses pro-models N1 et N2.
Lorsqu’ils sont ensemble, Matt et Peio passent beaucoup de temps à l’atelier à préparer, élaborer, tester de nouveaux concepts. Matt était vraiment pointilleux et exigeant, et Peio est devenu encore plus précis. « C’est le gars qui m’a le plus fait évoluer dans mon shape », dit-il, « En plus d’être un des meilleurs, voire le meilleur team rider que j’ai jamais eu, c’était aussi un très bon pote. » Il garde des souvenirs forts de cette période, comme quand il avait Matt et Fred Compagnon en même temps dans l’atelier pour faire leurs boards.

Un autre grand moment fut de shaper une planche en compagnie de Ben Severson. L’hawaiien était sur la côte pour trouver un fabricant pour ses BSD sur l’Europe. Matt et Ben étaient amis de longues dates, et c’est tout naturellement qu’il est venu voir bosser Peio. Car il n’a pas fait que regarder un produit fini, il a voulu suivre la fabrication d’une planche complète. Et sur ce point, l’effet fut concluant.

Parallèlement à la production des modèles de série, une formule est développée avec les planches « sur mesure ». Très vite, l’engouement pour les custom boards fait son chemin et Peio encre son nom dans cette manufacture personnalisée.

Xperiment
Lorsque Polyfoam ferme ses portes en 03, Peio affiche un certain dégoût des entreprises qui l’emploient et qui ferment pour des raisons sans rapport avec la qualité de son travail.
Fort de ses connaissances, il ne lui faut pas longtemps pour se remettre en selle sur son seul Cheval de Troie possible, monter sa propre entreprise. Xperiment voit le jour début 04 avec la marque de bodyboard Primo. Un premier team est constitué avec des riders qui croient profondément en ce projet : Thomas Richard, Fabrice Moulin, Thomas Goyenetche, … Plus tard se grefferont Héloïse Bourroux et Jonathan Jay.

Primo shape rail

Ce qui démarque totalement Primo du reste du marché est sa restriction aux customs. Un pari risqué à l’instar des débuts de Custom X (d’où le nom) car la marque n’est pas présente en magasin. Pourtant les commandes affluent de métropole, de la Réunion, des Antilles, de Tahiti, avant de s’étendre sérieusement à d’autres pays.

Très proche des riders, qu’ils soient pros ou simples clients, Peio est au cœur de l’évolution du sport. Il explique : « Les gars rident des vagues de plus en plus grosses et creuses. Ils cherchent donc plus de contrôle en priorité et du speed, donc des boards plus courtes sur un shape tendu ». Passionné par la technique de shape et la recherche de nouveaux concepts, il créé le DNS. Ce Dynamic Nose System permet d’avoir un nose de board flexible sur ses angles pour accentuer les courbes en prone. Récemment, il met au point le DK Nose, un avant relevé et incurvé pour améliorer la stabilité dans les vagues creuses en drop knee.

Avec O’Killed qu’il développa au sein de Polyfoam, Peio s’était déjà intéressé à la fabrication de surfboards en mousse. Au début de l’année 07, il décide d’étendre l’entreprise Xperiment en reprenant le shape de surfboards. Dans la même lignée que Primo et son logo 1, c’est un 8 qui est apposé sur les planches. « Je connais pas mal de shapers de surf, plus nombreux et proches qu’en bodyboard. Avec certains on compare des shapes, des channels, … Ça fait avancer et c’est cool! » avoue-t-il. Plus d’une trentaine d’écoles lui ont déjà passé commandes. Et certains surfers de renom sont de fidèles clients.

Peio fait tester ses concepts par son team et les peaufine lui-même à l’eau avant de les proposer à ses clients. Car il trouve encore le temps de se mettre à l’eau, ambiguïté entre le travail et son propre plaisir. Sorti de son atelier, il décompresse avec ses potes Kim, Lionel et David sur des terrains de paint-ball, des bosses de dirt avec son bmx, et tous les bars de Biarritz. Et quand on lui demande de quoi il est le plus fier, il répond simplement : « Peut-être d’être encore là après autant de temps à faire ce que j’aime. »

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