PEIO MAGET – SHAPER SUR MESURE
Peio Maget est à ce jour le seul shaper de bodyboards custom en France, et un des rares en Europe. Rencontre avec un personnage incontournable du bodyboard haut-de-gamme.
Qu’est-ce qui t’as mené à devenir shaper ?
Peio : « Je suis plutot du style manuel et le bodyboard étant ma passion, j’ai eu l’opportunité d’en faire mon métier. Voila, je me suis lancé. »
Avec qui as-tu appris, dans quels ateliers ?
Peio : « J’ai appris dans l’atelier de Beuglot (qui avait appris avec Kavan Okamura, ndlr) et j’ai aussi beaucoup appris avec des riders tels que Matt Walbrou, Fred Compagnon, Thomas Richard, Fabrice Moulin, Keith Sasaki, des gars qui savent ce qu’ils veulent et qui savent ce qui marche…et j’en apprends encore tous les jours … »
Quel compromis deck/core/slick as-tu plaisir à travailler ? Et lequel
conseilles-tu ?
Peio : « Je pense que j’ai trouvé un bon compromis entre mes matériaux. La combinaison core HD30, slick surlyn, deck cellu-cushion donne vraiment un bon flex, de bonnes relances et en plus, c’est super léger. Je suis le seul aujourd’hui à utiliser cette combinaison et j’en suis vraiment satisfait car ça marche très bien dans toutes les températures d’eau. En eau fraiche comme sur les côtes françaises, les boards réagissent super bien, et dans les eaux chaudes comme la Réunion, Tahiti, … travaillées différement, les boards marchent vraiment bien aussi. »
Conseilles-tu systématiquement l’utilisation du stringer ?
Peio : « Pour le prone, mes stringers en carbone donnent une bonne projection pour aller taper le lip et ils ont une mémoire énorme dans les réceptions de back flips ou d’ARS pour se retourner sans perdre trop de power. Pour le Drop Knee, je mets souvent 2 stringers (rentrant vers le nose, pas parallèles quoi!) pour éviter que la board ne vrille. Ou dans l’extrème, il y a des riders qui ne veulent pas de stringer pour bénéficier de tout le flex de la board (plutot conseillé dans les eaux froides). »
Bat tail ou crescent tail ?
Peio : « Ça dépend la mode … Non sérieux c’est comme le reste, c’est selon ton style. Les vagues que tu rides, du confort que tu recherches. »
Certaines options te semblent-elles inutiles ?
Peio : « Je ne sais pas si certaines options sont inutiles, ce que je sais, c’est qu’il faut quelles soient adaptées à la board et surtout au rider. Ah ! si j’en ai une : le bat nose. »
Quelle a été la principale évolution sur les modèles depuis que tu shapes ? Et sur les pro-models ?
Peio : « La principale évolution sur mes boards doit etre au niveau du rocker. Il y a quelques années, quand je shapais les customs pour Matt (Walbrou), il me demandait toujours de poncer le rocker encore et encore pour qu’il soit le plus plat possible, pour qu’il y ait le moins de poussée d’eau. Et c’est un peu plus tard que j’ai créé le Dynamic Nose System (DNS) qui favorise la pénétration dans l’eau, donc plus de speed et il donne aussi plus de flex sur le nose donc facilite les carves les plus radicaux. »
Quelles sont les différences entre les boards des pros et celles vendues dans les magasins ?
Peio : « La différence principale, c’est que les pros rident avec des boards customs réalisées par de vrais shapers. Ils ont un échange, des conseils et une écoute avec un pro du shape pour à la sortie avoir la board parfaite. Pas des boards faites par centaines et t’en prends deux ou trois dans le tas. »
Utilisent-ils des options spécifiques ?
Peio : « Là où les riders bataillent assez avec moi, c’est sur les épaisseurs de leurs boards selon par exemple le trip prévu, vagues plus ou moins creuses, température d’eau, ou dans l’extrême s’ils ont fait du gras pendant l’hiver. C’est important l’épaisseur de la board, ça change tout. »
Quelle sera la prochaine étape, tant sur le shape que sur les matériaux ?
Peio : « Pour l’évolution du shape, il faudra de la board de plus en plus adapté au rider, parce que ce sont les riders qui, en dépassant toujours de nouvelles limites, feront avancer ce développement. Donc, nous shapers seront là pour leur élaborer de nouvelles boards. Sinon évidemment, moi qui suis aussi rider/shaper, je teste régulièrement de nouvelles idées dans mon atelier et dans l’eau et on essaie ce que ça donne avec le team. C’est comme ça que j’ai sortis le DNS ! Pour ce qui est de l’évolution des matériaux, ça coûte très cher, donc je préfère me lâcher sur le shape.«


